mercredi, 04 mai 2005

Accepte-moi !

J'éteins la télé. Je déteste ces soit disant supers héros. Comment on peut être si super ? Ca me révolte ! Il devrait y avoir une loi contre ce genre de trucs... Ou une languette sur les cassettes, un genre d'autocollant collé sur la jaquette qui dirait « Attention, idéalisation extrême, rêve impossible à atteindre ! » Il faut être réaliste, personne jamais ne sera comme ça ! Le héro se doit d'être beau et jeune, trentaine maxi, interdiction de vieillir ! Ça doit être une close dans le contrat du super héro : tu vieillis pas ou tu rends ta cape ! Enfin bon, après ça il faut qu'il soit totalement différent de tout le monde en n'étant pas le moins du monde intéressé. Quel con, sincèrement, accepterait de donner sa vie pour quelqu'un d'autre et de souffrir des trucs horribles pour une autre personne ? Il faut se rendre compte que nous sommes tous des lâches et qu'il n'y a pas beaucoup de gens, bien que beaucoup s'en vantent, qui se sacrifierait de cette façon... Jeunesse éternelle et don de soi, ça fait déjà pas mal pour une seule personne mais en plus de ça il a le culot d'avoir des supers pouvoirs notre super héro ! Là c'est totalement injuste ! Pourquoi dans le film personne ne pense à attaquer superman en justice, ce gars là refile des complexes à tout le monde !
Je suis donc en train d'expliquer ce pourquoi du comment aux garçons, ou en six mots ou presque : « De l'art d'aimer les supers méchants » ! Je ne suis pas spécialement un garçon manqué mais les autres filles ont une fâcheuse tendance à croire que tout ce qui s'éloigne du vernis et du rouge à lèvre est sataniste. Je ne pourrais définitivement pas avoir cette discussion sur les classiques des comics avec elles... Une main se pose sur mon épaule, me faisant sursauter. Je me retourne vers le dossier du canapé, Julia se tient derrière en me faisant un grand sourire. J'espérais tellement la voir ! Je lui fais la bise, étrangement lentement et près des lèvres, mais bien heureusement ça passe inaperçu. Elle se joint à nous. Rémi lui demande quel camps elle choisit entre les bons ou les méchants et elle semble hésiter un petit instant avant de répondre : « Moi j'aime bien le personnage de Cat Women, elle n'est pas réellement bonne ni méchante, juste indépendante... Et puis le costume de cuir noir avec les oreilles de chat j'adore ! » Elle ponctue la fin de sa déclaration d'un grand sourire que tous les gars ont aussi. J'ai horreur de cette façon qu'ils ont de la regarder, ils savent très bien vers quoi se tournent ses préférences, qu'ils n'auront jamais aucune chance avec elle ! Cela suffit pour m'énerver... Je perds soudain tout intérêt pour la discussion. « Je n'aime pas du tout Batman, je trouve que les personnages sont idiots, il est toujours question d'animaux, chauve-souris, chat... et quand ce n'est pas le cas ça donne un truc nul du genre mister freeze... » Julia me répond : « Oui mais comme tu as une certaine ressemblance avec ce gars là... le pingouin... Bah ça compense ! » Je ne vois pas l'intérêt de cette touche d'humour « J'envie particulièrement Daredevil, être aveugle des fois ça a du bon... Ils auraient du le faire sourd aussi... » Je lance apparemment un sujet de débat, seule Julia n'y prend pas part, se contentant de me regarder avec un air coupable d'enfant qui vient de se faire disputé. Elle s'est sentie visée par ma remarque et elle a raison c'est ce que je voulais mais je n'ai pas la satisfaction que je voudrais pour avoir fait ça. Je me sens mal à l'aise. Je me lève tandis qu'elle me suit du regard et je pars rejoindre les autres filles. Elle n'ose certainement pas me suivre et ça aussi c'était la raison de mon départ, ne pas la voir... Alors pourquoi j'espère tant qu'elle va venir quand même ? Pour pouvoir la torturer jusqu'au bout, voir jusqu'à quel point elle peut se sentir coupable ? A quel jeu je joue là... J'en ai marre je ne peux m'enlever certaines images de la tête...
Les filles discutent, un verre à la main dans la cuisine. La discussion ne tourne pas autour des vernis, en fait elle est des plus intéressantes : elles parlent d'économie et d'écologie, green peace et compagnie... Je me prête au jeu et pourtant je ne peux m'empêcher de penser à Julia, dans l'autre pièce avec les garçons. Je me demande ce qu'elle fait en ce moment. Je la connais assez pour savoir qu'elle n'oubliera pas de si tôt ma remarque et qu'elle risque d'y penser toute la soirée jusqu'à ce qu'elle sache si c'était réellement pour elle que je l'ai dit, elle doit s'en vouloir. Moi aussi j'ai envie de lui en vouloir mais c'est moi qui me sens mal. C'est ridicule, j'ai horreur de cette situation... Elle est comme un parasite qui s'est enfermée dans mon esprit mais je tente comme je peux de me concentrer sur la conversation et l'heure tourne, les minutes passent, un ou deux garçons nous ont rejoint. Alors elle arrive, seule. Je fais mine de ne pas la voir, je l'ignore. J'ai remarqué tout de même que je suis la première personne qu'elle a regardée. Je ne l'observe qu'à la dérobée, il est partit loin son sourire, elle rit à peine des blagues qui sont lancées. Je crois bien que je suis la cause de son malaise. En fait c'est même sûr... Pourquoi je ne peux pas tout simplement lui dire que je suis désolée, que je sais qu'elle disait ça sur le ton de l'humour... Je sors à nouveau de la pièce.
Pendant les deux heures suivantes je joue à un jeu de cache-cache avec elle, ne la regardant pas, du moins lorsqu'elle peut s'en apercevoir, ne lui parlant pas, changeant même souvent de pièce si jamais elle me rejoint moi et les personnes avec qui je suis. Je suis en train de fumer une cigarette avec Amélie dans la salle de bain à l'étage, en discutant de musique. Une mélodie nous interrompt et la voilà qui sort son portable, s'excuse et sort de la pièce, l'oreille au combiné. Il me reste encore une ou deux taffes sur ma dose de cancer alors je reste seule dans la salle de bain, je redescendrais bientôt. Je m'appuie sur la rambarde de la fenêtre, laissant mon corps s'habituer à la température extérieure à peine plus fraîche qu'à l'intérieur. Un cliquetis familier m'indique que la porte vient d'être ouverte, je ne me retourne pas, pensant qu'Amélie est de retour, mais le bruit du verrou que l'on tourne pour nous enfermer m'incite à changer d'avis. C'est Julia. Elle plonge son regard dans le mien sans rien dire. Quelques secondes passent. Je suis décidée à ne pas lui adresser une parole. Elle se décide enfin à s'approcher mais peut-être par peur, s'arrête à un mètre de moi. « Pourquoi tu m'en veux ? » Je détourne les yeux, je ne saurai pas résister si je la regarde. « Je t'en supplie, dis moi pourquoi ! » Je me rends compte que je ne peux tout simplement pas lui répondre, non plus parce que je lui en veux toujours, mais parce que... Je n'ai aucune raison de lui en vouloir. Pourquoi je fais ça ? « S'il te plaît... » Je voudrais pouvoir lui répondre, mais je ne peux pas... Elle insiste encore, alors quitte à être stupide j'invente une excuse : « Je n'avais pas tellement envie d'être comparée à un gars horrible qui ressemble lui-même à un pingouin ! » Je regarde toujours mes pieds. « Mais tu sais très bien que je ne le pensais pas, je plaisantais... Je serai incapable de dire une méchanceté sur toi et de la penser en même temps... » Je me sens véritablement paumée et j'ordonne à mes lèvres de rester fermées. « Il n'y a pas que ça n'est ce pas ? » A nouveau ces images qui dansent dans ma tête... Je voudrais ne pas l'écouter, je voudrais ne pas entendre ce qu'elle va dire... « Ecoute, nous avons couché ensemble... Je ne sais pas trop comment s'est arrivé, mais les choses se sont enchaînées et ne mens pas, ça te plaisait... » « Nous n'aurions jamais dû... » Je me mords la lèvre. Elle vient poser sa main sur ma joue, je détourne le visage mais ne brise pourtant pas ce contact. « Je ne suis pas d'accord... et je pense que même toi tu n'es pas d'accord avec ce que tu dis. Si, c'était une bonne chose ! Je sais que c'est dur d'accepter quelque chose comme ça, mais reconnais le, tu as aimé, tu as aimé et tu voudrais que ça recommence ! » Je répète avec moins de conviction que je ne le voudrais : « Nous n'aurions pas dû... » Elle glisse ses doigts sous mon menton et me force à lever le visage vers elle. J'ai les yeux fermés au départ, puis enfin je les ouvre pour les plonger dans ses pupilles. « Tu m'aimes... » Je détourne immédiatement la tête. Elle s'entête : « Tu m'aimes ! » Je sens les larmes qui montent mais je tente de les retenir. « Tu m'ai... » « Non ! » Je lui coupe la parole et me met à frapper frénétiquement son épaule, j'ai de plus en plus de mal à retenir mes sanglots. Elle a un premier mouvement de recul et puis finalement se laisse frapper comme si de rien n'était. Je suis sûre pourtant de lui faire mal ! Je porte un coup, puis un autre, mais elle ne réagit toujours pas. Ais mal ! Je t'en prie, ais mal ! Fuis moi ! Tu n'as pas le droit de me comprendre si bien, de me comprendre mieux que je ne me comprends ! Tu n'as pas le droit d'apporter dans ma vie quelque chose que je ne contrôle pas du tout ! Quelque chose qui me fait peur ! C'en est trop pour moi, je m'effondre dans ses bras, en pleurs, je ne peux contenir aucun de mes sanglots cette fois. Elle vient poser ses bras autour de moi et avec sa main elle me caresse les cheveux : « Tu me détruis parce que tu veux me posséder mais que tu as peur que ce soit moi qui te possède, et je me laisse détruire pour te montrer que tu ne seras pas blessée, pour te garder... Je suis désolée, je t'aime...»




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lundi, 02 mai 2005

Une nuit

Attention, dans cette histoire, des scènes, explicitement sexuelles entre deux personnes du même sexe, peuvent choquer certaines personnes. Si vous continuez à lire au delà de ces quelques lignes je ne me trouve plus responsable... (Vous êtes sensé avoir un certain age et si vous ignorez quel age il faut avoir c'est que vous êtes encore trop jeunes pour lire ça...)


Tes yeux dans les miens, tu ne me lâches pas du regard. Il y a quelque chose, pas seulement nous deux, c'est tout, autour de nous, qui se met dans cet « état ». Comme si l'air se chargeait de particules de désirs pour nous encourager... Toute cette intensité, cette passion mêlée de tendresse... C'est comme si on touchait aux deux extrêmes du monde, le plaisir et la douleur, l'extase et la frustration, l'autorisé et l'interdit... C'est comme une danse sensuelle que tout le monde sait danser sans connaître les pas exacts à faire. Nos lèvres s'entremêlent, encore et encore. Tu laisses échapper un éclat de rire et à tes lèvres tendues je devine que tu souris en m'embrassant. Tu avances, doucement, m'obligeant à reculer dans la direction que tu souhaites, que je souhaite aussi. Puis quelque chose butte contre mon pied : le lit. Tu baisses le haut de ton corps, me forçant à m'assoire et m'allonger, tandis que tes baisers continuent de rencontrer les miens et que tu viens juste au dessus de moi, un peu surélevée. Puis tu abandonnes l'appui de tes mains, posées sur le lit de chaque côté de mon corps, pour t'asseoir sur moi, en amazone. Je t'observe, tu me regardes toi aussi, un sourire un peu coquin sur le visage. Je veux me redresser mais tu viens plaquer tes mains sur mes épaules, m'obligeant à rester allongée. Puis l'une d'elle glisse jusqu'à ma poitrine, attrape la fermeture éclair de ma veste et alors, tu prends un plaisir presque malsain, lorsque l'on voit à quel point j'ai envie que tu ailles vite, à descendre ce bout de métal avec une lenteur exagérée. Alors je subis cette attente, sans faire un mouvement sinon celui de ma poitrine qui monte et qui descend rapidement au rythme de ma respiration. Dépêche toi ! Je voudrais te le dire mais je ne le fais pas, cette attente me gêne comme elle me plaît et m'excite. Il y a comme une musique langoureuse dans l'air qui nous dicte les gestes à faire. Je me redresse enfin pour finir d'enlever le vêtement. Tu portes alors tes mains sur mon visage et m'embrasses à nouveau. Tes doigts descendent sur mon cou, elles ralentissent en passant sur ma poitrine et garde cette même vitesse alors qu'ils effleurent mon ventre, puis, enfin, ils refont le trajet inverse, cette fois en ayant emprisonné le bas de mon t-shirt. Je lâche tes lèvres à regret pour lui laisser le passage et le maudire de t'arracher à ma vue le temps qu'il passe sur ma tête. Il n'a pas encore le temps d'être entièrement enlevé que je sens tes baisers à la naissance de mes seins. Enfin, c'est moi qui t'oblige à t'éloigner, un par un, je fais sauter les boutons de ta chemise. Tu pousses un soupir impatient qui fait naître un éclat de rire léger de ma part, je sens ton souffle chaud sur ma nuque, il me retourne les sens ! Je retire délicatement le tissu de tes épaules, puis je m'arrête et te contemple quelques secondes. J'aime ce court instant avant d'être entièrement nues, lorsque tu portes encore ton jeans et ton soutien-gorge, je trouve ça tellement plaisant, tellement érotique une femme dans cette tenue... Tu me laisser te détailler comme je le ferai d'une oeuvre d'art, ça te plaît à toi aussi... Puis finalement ce moment a une fin, mais je ne m'en plaindrai pas. Tu passes tes mains dans mon dos et décroche l'attache qui retenait le dernier rempart de tissus sur mon buste. Je sens bientôt ta langue jouer sur le lobe de mon oreille, tes mains continuant les caresses alors que moi aussi je tente de te libérer de ton sous vêtement, un gémissement m'échappe et j'interromps mon mouvement, je tourne la tête, ne pouvant supporter plus longtemps les chatouilles que tu m'infliges. Je ris. Peut être crois tu que je me moque de toi, car tu prends alors une mine boudeuse et pour te la faire perdre et te rassurer, rien de mieux qu'un nouveau baiser... J'ai trop attendu maintenant, ton haut à toi aussi vole dans la pièce, quelque part à côté du lit, il sera temps demain de chercher où sa chute a bien pu l'amener... Dans un même mouvement, nous déboutonnons le pantalon de l'autre et je me retrouve une nouvelle fois couchée sur les draps, dans cette demie obscurité, à subir ta volonté. Le vêtement glisse sur les jambes alors que tu le tires vers toi, cette fois tu te dépêches alors pour reprendre la maîtrise du jeu, je ne t'aide pas en soulevant mon bassin. Prends ton temps... Tu me fixes, un peu contrariée, mais comme pour m'amadouer, tu viens poser tes lèvres sur ma peau, sur mon ventre, déposant des myriades de tendres baisers, cette fois je me laisse faire. Je t'observe, tu souris enfin. Tu te débarrasses toi-même de ton pantalon, rapidement puis tu viens te glisser sur moi, ta bouche sur la mienne puis descendant comme sur une ligne imaginaire, le long de mon cou, entre mes seins, sur mon ventre, tu t'attardes sur mon nombril, tu descends encore... Tu attrapes mon dernier sous-vêtement entre tes doigts, le soulevant légèrement, alors ta langue vient doucement se balader en dessous et là où se trouvait plus tôt l'élastique... Je me mords les lèvres, quelle torture, mais quelle torture plaisante... Mon souffle s'accélère encore, je veux plus mais tu ne sembles pas décidée à me le donner tout de suite... Tu remontes lentement le long de mon ventre, tu stoppes ta course sur ma poitrine, un de tes bras te sers d'appui, ton autre main se promène sans grande attention sur mon ventre et te voilà qui glisses une des tes jambes entre les miennes. Je veux pouvoir sentir ta peau sous la paume de ma main, pouvoir te rendre cette excitation que tu me donnes, mais dès que je me pose à ton contact, tu te redresses, attrapes mes poignets et me plaques les mains sur l'oreiller, m'interdisant le moindre mouvement. Ton regard plongé dans le mien me donne l'ordre de patienter encore, je me débats à peine, juste histoire de me convaincre que j'ai protesté, mais à vrai dire je ne me plains pas de la situation... Ton genou s'appuie sur le dernier bout de tissu qu'il me reste, une décharge électrique me parcourt le corps. Le duvet sur mes bras se redresse, ma respiration se coupe un court instant pour reprendre de plus belle. Tu souris à nouveau, satisfaite de la situation. Je te lance un regard suppliant, ne t'arrête pas, s'il te plaît... Alors tu lâches mes poignets pour appliquer tes mains sur le côté de mon corps, jusqu'à mes fesses. Au contact de ta langue sur l'un de mes tétons, c'est une nouvelle décharge qui s'empare de moi. Je laisse échapper un gémissement de plaisir. Je souhaite tellement que ta main poursuive le chemin vers lequel elle semble se diriger, oui... Oh oui... J'aimerai qu'elle traverse mon bas ventre tellement plus rapidement ! Mais tu ne m'enlèves toujours pas mon sous-vêtement, toutefois, tes doigts frôlent la fine toile. Je ferme les yeux. Tu joues avec moi et c'est délicieusement insupportable. Tu me touches à peine et pourtant mon corps entier réagit à tes caresses et tes baisers... Soudain tout va plus vite, je perds contrôle. Sans comprendre plus que nécessaire, je m'aperçois que le tissu qui cachait mon intimité a disparu. Une fine pellicule de sueur enveloppe ton corps et certainement le mien aussi... Alors que tu me donnes un des plus passionné baiser que l'on m'a offert, ta main longe ma cuisse et touche enfin l'endroit qui l'attendait depuis si longtemps ! Mais tu n'en restes pas là, tu te dérobes à mes lèvres pour aller rejoindre tes doigts plus bas. Ta langue me semble brûlante et c'est comme si un feu se déclanchait à l'intérieur de mon ventre. Tu continues toujours à faire jouer tes doigts, tu leur fais découvrir la partie la plus intime de ma personne. Je ne tiendrais pas longtemps, c'est trop intense... Je tremble malgré moi, mon bassin se soulève parfois sans mon consentement... Je me mords les lèvres pour m'empêcher de crier. Tu ralentis le rythme lorsque tu sens que je pourrais jouir. Ça me frustre énormément et pourtant je ne te demande pas d'arrêter ce manège. Puis enfin malgré tes efforts pour me retenir, le plaisir devient trop fort, je ne peux m'empêcher de retenir ma respiration alors qu'en moi quelque chose se déchire, meurt et revit, implose, quelque chose de pur et incontrôlable... Tu continues les aller et retour avec ta langue encore un peu puis tu déposes un baiser sur mes cuisses et viens te blottir contre moi après en avoir déposé un autre sur mes lèvres. Je te serre dans mes bras quelques minutes, le temps que mon souffle redevienne un peu plus régulier. Puis mes doigts commencent à imprimer doucement des cercles sur ta peau, je te plaque à mon tour contre le matelas, prête enfin à te rendre ce bonheur que tu m'as procuré.



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vendredi, 15 avril 2005

Pensionnaire

Ah ! La dernière marche enfin ! Je n'en peux plus ! Vous pensez qu'un des surveillants qui m'a indiqué le chemin m'aurait bien gentiment aidé à porter mes affaires ? Non ! Bien sur, il ne suffit pas que d'avoir un sac énorme dans chaque main et un sur le dos ! Peut être que si j'étais arrivée avec un vanity-case en plus, là, enfin, on aurait pu m'aider. Après tout je n'en sais rien, ils ont peut-être un cotas de personne chargées comme des mules à laisser passer sans donner le moindre coup de main avant de pouvoir enfin proposer un peu d'aide... La il faut que je me repère de toute façon alors je vais faire une petite pause... J'aurai du prendre mes affaires en plusieurs fois...Alors il m'a dit de tourner à droite quand je serai arrivée à l'étage. Euh... Il n'y a rien à droite ! Mais ce n'est pas vrai ! Comment je fais pour aller à droite quand le couloir continue tout droit ou à gauche ? A droite c'est un deuxième escalier pour monter au second ! Il m'a bien dit le premier étage... Je ne rêve pas... Qu'est ce que je me sens ridicule là en plein milieu du passage avec mes trois sacs et la totale ignorance du trajet à faire pour aller au dortoir. Pas motivée pour laisser mes sacs là, la moindre personne qui passe et là je ne retrouve plus rien en revenant. Pas motivée pour redescendre avec et avoir un lombago ce soir... « T'es perdue ? » Je me retourne pour observer une fille de mon age monter l'escalier. Merci mon Dieu, je suis sauvée ! « Oui... Euh... Je cherche le dortoir... On m'a dit de tourner à droite mais... Y'a pas de couloir à droite... » La fille laisse échapper un rire tandis qu'elle arrive à ma hauteur. « Il faut continuer tout droit et ensuite, seulement, ça tourne à droite... C'est pas super pratique pour se repérer au départ mais on s'y fait vite tu verras ! Je vais te montrer le chemin... Je peux t'aider à porter quelque chose ? » « Non, ça ira merci... » Mais qu'est ce que je fais ! Je n'aurais pas pu oublier la politesse cette fois, non ? Heureusement pour moi il n'y a pas que moi qui suis polie et elle insiste quand même pour m'aider et finit par me prendre un sac des mains sans me laisser le temps de lui répondre... Elle répond à mon « merci » par un grand sourire. Je la regarde avec un peu plus d'attention... Elle n'est ni grande, ni petite, elle a les cheveux blonds qui tirent sur le châtain clair, pas laide mais pas non plus hyper belle. Elle n'a pas de style particulier mais ça a l'air d'être une fille spontanée et pas prise de tête. Si je ne me trompe pas sur la définition de charme, c'est-à-dire non pas de la beauté mais quelque chose indéfinissable qui attire l'attention sans qu'on comprenne réellement pourquoi, alors c'est du charme qu'elle a indiscutablement ! Je me surprends à attarder trop mon regard sur elle alors qu'elle me précède dans le couloir. Ola ! Faut que je me calme ! Surtout, ne pas commencer à fantasmer sur une autre pensionnaire ! J'essaie de me raisonner, de laisser mes pulsions de « lesbienne en chaleur » dans un autre coin de ma tête... Je ne me connais que trop bien, si le mental correspond à la super bonne impression d'elle que j'ai déjà, je vais, et ce malgré moi, commencer à m'attacher à elle. Allez, les hétéros faut pas y toucher, même si je suis convaincue qu'il y a toujours une chance de faire virer une fille de bord, je dois aussi me convaincre que les lesbiennes continuent de représenter une minorité de gens... Ne pas cacher que moi je le suis et là si la personne en face de moi avoue qu'elle l'est aussi, ça commence déjà à devenir de la drague... « Je m'appelle Julie et toi ? » Je sors de mes pensées : « Euh... Elodie... Je m'appelle Elodie... » « Voilà c'est là qu'il fallait tourner à droite, le dortoir est au bout.... » Je regarde dans la direction du doigt qu'elle tend, on aperçoit déjà un alignement de portes. Elle continue : « Normalement nous sommes deux par chambres, mais comme il y en a vingt-quatre en tout et que nous sommes juste quatorze cette année à être entièrement pensionnaires, enfin, il y en a même deux qui rentrent chez elle tous les week-end, nous avons donc une chambre chacune. » Elle regarde une feuille sur le mur. « Ton nom c'est Julie Charelle c'est ça ? » J'acquiesce. « Tu as la chambre seize, je t'y accompagne. » Je n'ai pas vraiment besoin d'elle pour suivre des numéros sur les portes jusqu'à trouver la mienne, mais étrangement j'accepte bien l'idée... Nous ne croisons personne dans le couloir mais quelques portes de chambre sont ouvertes et elle me présente en deux frase aux occupantes. « Voilà c'est là ! » Je pousse la porte. Soupir. Bon allez, il va falloir transformer cette pièce aux murs vides en quelque chose qui ressemblera à un chez moi puisque je vais y passer mon année... Heureusement j'avais prévu le coup... « On a le droit de mettre des punaises dans les murs ? » Elle fronce les sourcils. « Euh le règlement doit être dehors et honnêtement je ne l'ai jamais lu... Je ne sais pas si nous avons le droit mais tout le monde le fait alors ne te prend pas la tête, les pions ne diront rien, sauf si cette année nous en avons un plus chiant que les autres... » Elle pose mon sac sur la chaise du bureau. C'est plus grand que je ne le pensais en fait, enfin... en même temps c'est sensé être prévu pour deux alors là, vu comme ça, oui, c'est plutôt petit... J'essaie de profiter de l'occasion pour faire connaissance. Une nouvelle fois elle me propose son aide alors la voilà bientôt qui met la main à la patte pour mon « emménagement ». J'apprends petit à petit des renseignements sur elle. Un an de plus que moi, ici depuis autant de temps, sa vie, ses amis, ses délires et... Oh mon Dieu, pourquoi elle a l'air si géniale ? Je lui parle de moi, mais peu, mettons ça sur le compte de la timidité... Puis vient le moment ou parmi ses questions se glisse le « Okay... et tu as un petit ami ? » D'ordinaire c'est là le moment où je balance le choc en bloc avec un petit plaisir sadique devant la réaction gênée des gens... Mais là rien. Un simple non comme réponse. Pourquoi je suis incapable de lui dire ? J'y comprends rien... Elle enchaîne sur autre chose après un compliment sur le fait que je ne devrais pas tarder à m'en trouver un...
Les jours et les semaines passent à une vitesse surprenante lorsque l'on est dans un nouveau décor. Je suis attirée par Julie c'est incontestable. Finalement ce n'est pas plus mal qu'elle ne sache pas que je suis lesbienne, elle aurait eu vite fait de comprendre à quel point je la désire... Maintenant le problème à force de jouer les bonnes copines pas du tout intéressée, alors que je ne peux pas m'empêcher d'essayer de la séduire ne serait-ce qu'un peu, c'est d'entendre et de voir à quel point elle se rapproche de plus en plus de ce gars que j'étranglerai si je pouvais tellement il me rend jalouse ! C'est pour ça que alors que nous entrons dans sa chambre après être sorties de cours, et qu'elle est encore en train de me parler de lui, j'ai totalement les nerfs ! Elle ne semble même pas attachée à ce gars en plus, mais c'est maladif, je suis mal à l'aise quand elle en parle... « Je ne sais pas si je tiens vraiment à sortir avec lui en fait... » Je devrais être heureuse qu'elle dise ça, surtout quand elle me regarde avec cet air qui me fait comprendre que ce que je vais lui conseiller a beaucoup d'importance, mais ça m'agace. Ça m'agace parce que de toute façon il va finir par devenir son petit ami et que moi je tiendrai la chandelle ou bien je vais devoir traîner avec d'autres gens ! « Bah pourquoi tu le fais alors c'est stupide ! » Je suis plus énervée que je voudrai le montrer. « C'est juste que... Je ne sais pas trop, est ce que je ne suis pas sensée faire ça ? » Là c'est le comble ! « Non, mais attends, il n'y a personne qui te met un couteau dur la gorge pour sortir avec ! » « Oui mais j'ai l'impression d'avoir une obligation quand même. Et puis je n'ai pas vraiment de raison de refuser... » Parfois elle me fait vraiment peur avec ce genre de remarques... « Tu es amoureuse de lui ? » « Non, non je ne le suis pas... » « Alors c'est déjà une raison suffisante pour refuser ! » « Mais je ne sais pas vraiment ce que c'est d'être amoureuse de quelqu'un... » « C'est avoir l'impression que tu es à ta place quand tu es avec cette personne, c'est voir le temps défiler à une vitesse impressionnante quand tu es avec... C'est... je ne sais pas moi, avoir l'impression qu'il te manque quelque chose quand elle est loin de toi... » Elle éclate de rire, je lui demande pourquoi. « Bah si c'est ça, je suis amoureuse de toi ! » Et la voilà qui rit de nouveau alors que moi j'ai l'impression qu'une flèche m'a traversé la poitrine. « Arrête de rire ! Tu veux des raisons de ne pas sortir avec lui ? C'est un vrai imbécile qui sait à peine compter sur ses doigts, il est mignon et il le sait, justement c'est pour ça qu'il aime se pavaner comme un paon avec sa cour d'admiratrice et que tu vas avoir l'air ridicule si tu commences à faire partie de cette cour ! » Effectivement elle arrête de rire tout de suite, elle prend presque un air triste. « Elodie... Tu ne serais pas jalouse par hasard ? » Oh putain... Non, comment elle... Je ne veux pas qu'elle le sache... « Non, je t'assures ce n'est pas ça ! » « Tu sais si tu as envie de sortir avec lui, je ne le ferai pas je te le promets... » Elle ne parlait pas de la jalousie de lui, que je suis conne ! Je préfère autant qu'elle se soit trompée, mais surtout qu'elle ne continue pas à croire que je veux sortir avec « ça ». « Non, je ne veux pas sortir avec ! » Elle garde le même air et là ça m'énerve. « T'es sure ? » « Mais oui puisque je te le dis ! » « Elodie... tu sais ce n'est pas grave pour moi si tu en as envie... » « Mais arrête je te dis que ce n'est pas ça ! » « C'est qu'il y a bien quelque chose alors... J'ai vraiment l'impression que... » « Il n'y a rien du tout ! Ce mec me débecte ! » « Je pense vraiment que tu es attirée par lui... » C'en est trop ! « Je suis lesbienne ! Lesbienne tu comprends ! Alors quand je dis qu'il me débecte c'est tout ce qu'il y a de plus sincère ! Et je préfèrerai encore me tirer une balle dans le crâne que d'éprouver une quelconque attirance pour un type pareil ! » Je prends ma veste et claque la porte de sa chambre alors que je sens les larmes qui commencent à me monter aux yeux. En quelques pas je suis dans ma chambre à moi, je pousse le bureau derrière la porte pour que personne ne puisse entrer. Forcément y'a jamais de verrou quand on en a besoin ! Je m'effondre sur mon lit et laisse échapper mes larmes. Merde qu'est ce que j'ai fait ! Pourquoi il faut toujours que je m'accroche à des personnes qui ne m'aimeront jamais ! Une hétéro ! Pourquoi je suis encore amoureuse d'une hétéro ! Pourquoi je lui ai avoué que j'étais lesbienne, pourquoi je ne me suis pas tue ? J'aurai du lui dire dès le premier jour, ça m'aurait empêché de faire des conneries ! Je suis stupide, vraiment stupide, pourquoi je fais tout de travers ! Maintenant elle va flipper dès qu'elle va me voir, si elle n'a pas comprit mes sentiments après ça, c'est elle qui est stupide ! J'avais au moins son amitié, j'ai tout foutu en l'air ! Ah et je déteste chialer ! Il faut que je m'arrête. Je remballe mes larmes comme je le peux. J'avais peur qu'elle me suive dans le couloir et qu'elle vienne me voir, mais l'absence de coups sur la porte me rassure comme en même temps il me brise le cœur...
Je n'avais pas idée à quel point c'est dur d'éviter une personne... Je fais tout pour la voir le moins possible, ne serait-ce que de vue. J'ai trop peur de ce qu'elle pourrait me dire. Je crois pourtant qu'elle n'en a parlé à personne, de mon coming-out. Elle aurait pu le faire de toute manière, à part elle, et je n'aurai jamais du, je ne le cache à personne. Si elle l'avait fait je pense que j'en aurait eu des échos... Je l'évite mais je ne peux m'empêcher de l'observer de loin quand même. Elle ne traîne plus avec ce gars dont j'étais jalouse, elle ne devait pas y tenir tant que ça au final... Lorsqu'elle est dans la même pièce que moi j'en sors, ou passe par une autre sortie que celle qu'elle prend. Parfois je fais de grand détour dans l'établissement juste pour ne pas la croiser. J'en deviens tellement pathétique... La sonnerie retentit et je me dépêche de ranger mes affaires dans mon sac, pour ne pas la voir en remontant aux dortoirs, elle reste d'ordinaire dans la cours quelques minutes mais on ne sait jamais... Je l'évite mais je pense à elle sans cesse... Qu'elle sorte de ma tête ! Je monte l'escalier, suis le couloir, tourne à droite. Mon Dieu c'est elle ! Les yeux plantés sur moi, comme si elle m'attendait. Je n'ai pas vraiment le choix, soit je reviens en arrière, soit je passe devant elle en l'ignorant. Un peu de courage, deuxième option ! Je feins la parfaite ignorance et la dépasse. C'est alors qu'elle agrippe mon bras, me forçant à me stopper dans mon élan. « Attends Elodie ! » Je ne me retourne pas mais elle ne lâche pas mon bras pour autant. « Tu fais tout pour éviter de me parler... Ecoute au moins ce que j'ai à dire s'il te plaît... » Je ne réponds rien, j'ai le cœur qui bat à cent à l'heure, je veux faire ma fière, lui dire que c'est hors de question. Mais elle a ce pouvoir sur moi et je suis incapable de lui mentir, j'ai trop envie d'écouter ce qu'elle va me dire, même si je sais que ça va me faire mal... Une fille passe dans le couloir. Nous nous taisons tandis qu'après nous avoir jeté un regard bizarre elle rejoint sa chambre. « Viens ! » Sans comprendre ce qu'il se passe, Julie, sans me lâcher, me tire jusqu'à ma chambre dont elle appuie sur la poignée et me pousse à l'intérieur. Elle entre à son tour et referme la porte. « Tu veux t'assoire ? » J'essaie que mon visage ne trahisse aucune émotion. « Je suis dans ma chambre Julie. C'est moi qui suis sensée proposer qu'on s'y assoit ou non... » Je ne lui propose pas pour autant. Elle se rapproche de moi et le fait qu'elle soit aussi proche me perturbe à un point qu'elle n'imagine certainement pas. « Pourquoi tu refuses de me voir ? » Je ne réponds pas. « Bien tant pis, ne dis rien, c'est moi qui parlerai. Tu sais... » Elle soupire. « Tu sais il y a des façons stupides de se faire remarquer, de faire comprendre aux gens qu'on tient vraiment à eux... Et parfois pour ça, on fait totalement le contraire de ce qu'on veut vraiment. D'une façon maladroite on fait du mal aux gens qu'on aime parce que c'est trop dur de leur dire qu'on les aime. Et comme la haine et l'amour sont très proches, alors on se contente de la haine, on les blesse, alors que c'est juste une façon de ne pas être indifférent. Ce n'est pas la bonne façon de s'y prendre évidemment, il suffirait d'être honnête et de dire qu'on les aime. Mais en faisant ça, c'est prendre le risque de se blesser soi. On est un peu égoïste en fait, on se protège tous... » Je me demande pourquoi elle me raconte tout ça, mais j'écoute, patiemment. « C'est ce que j'ai voulut faire avec toi, en me servant de lui. J'ai voulu te rendre jalouse mais je l'ai fait inconsciemment, sans m'en rendre compte... et pour ne pas m'avouer que je pouvais réellement tenir à quelqu'un... » Je déglutie. J'ai forcément mal comprit... « Je ne suis pas sure de te suivre... » Elle ouvre la bouche pour dire quelque chose puis se ravise. C'est alors que je sens soudain une paire de lèvre sur les miennes. Elle s'est avancée, elle est en train de me donner un baiser ! J'ai le cœur qui explose avec la pression qui se relâche. Après un temps d'arrêt parce que j'avais du mal à me rendre compte que le rêve peut devenir réalité, je réponds à son doux baiser. Naturellement mes mains se placent autour d'elle, mes bras se font une prison de chaire afin qu'elle se s'échappe plus jamais. Je ne comprends toujours rien à ce qui a bien put se passer, mais quelle importance puisqu'elle est enfin à moi ! Nos lèvres se lâchent enfin. Elle plonge ses yeux dans les miens, un immense sourire accroché aux lèvres. J'ai le même. Elle fait alors le tour de la pièce avec le regard. Je sais ce qu'elle pense. La chambre numéro seize ne sera plus une chambre individuelle pour encore très longtemps...



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mercredi, 13 avril 2005

Ordi-romance

A chaque fois que quelqu'un se connecte et que le petit panneau se lève pour dire que c'est le cas j'ai le cœur qui s'arrête. Mais à chaque fois ce n'est pas elle... Qu'est ce qu'elle fait ? Elle est en retard ! Ah enfin ! Le pseudo que je voulais voir apparaître ! Cette fois les battements de mon cœur s'emballent sans que je ne parvienne à les calmer... et puis après tout je ne suis pas sure de vouloir qu'il le fasse... Hop ! Double clique de la souris, je n'ai jamais utilisé autant la rapidité de mon pc que depuis que je parle avec elle ! Evidemment le pc choisit de laguer... Allez vite, pourquoi la barre des taches reste bloquée ! Ah, voilà ! Du coup elle en a profité pour engager la conversation la première. Je m'installe confortablement dans mon siège, je compte rester devant le pc jusqu'à ce que l'une de nous deux soit obligée de quitter son écran... Nous avons nos habitudes, quelques mots échangés pour dire que oui salut, oui je suis trop contente de te voir enfin et que justement en parlant de voir, mise en marche des web cam. Et voilà dès son apparition dans la petite fenêtre un grand sourire inonde mon visage. La discussion suit toujours le même trajet, nous racontons notre journée, nous rions, voilà les délires qui arrivent pendant que le temps file à une vitesse vertigineuse... Avec elle je me sens si bien. Nos discussions sont les bonheurs de mes journées, parfois même, ne pouvant attendre, je lui envoie des sms toute la journée... Mais voilà déjà que ma mère réclame le pc. J'ai un quart d'heure pour partir, ce ne sera pas de minutes de trop. Voilà les adieux qui commencent, douloureux, difficiles. Toutes ces paroles, ces « Pourquoi tu n'es pas près de moi ? », ces « Je voudrais tant te voir ! », ces « Je t'aime » qui luttent contre la distance... Jusqu'au dernier instant, le quatrième appel de ma mère pour lui céder la place, nos échangeons les mots. C'est en voyant ma génitrice se planter derrière le pc alors que je fais tout pour lui cacher ma conversation que je luis dis une dernière fois adieu. Je ferme ma session.
Et voilà en quoi se résume ma vie le reste du temps quand je ne peux parler avec elle... Rien. Pas de zombie jusqu'à ma chambre... Je ferme ma porte pour être tranquille, comme à chaque fois après l'avoir « quittée » je suis remplie d'une triste nostalgie. Je n'y crois toujours pas d'une certaine façon... comment cela pourrait être naturel d'aimer quelqu'un à travers un écran en plastique ? Comment éprouver de cette façon un sentiment si magnifique ? Et pourtant... Pourtant c'est une évidence que je ne peux nier ! Elle a remplit mon cœur en quelques discussions et je ne peux plus me passer d'elle. C'est fou car après tout, ce que je connais d'elle physiquement se résume à quelques pixels... Je n'ai pas l'impression d'aimer des pixels... Elle ne devient un être de chaire que dans mes rêves mais même dans le monde onirique il est rare que nous soyons réunies... Je souhaite tant pouvoir enfin passer de la deuxième dimension à la troisième, la voir en volume devant moi. Oui, comme j'aimerai pouvoir enfin la rencontrer, expérimenter cette seconde rencontre, connaître avec elle ces quelques minutes où on n'ose pas s'embrasser, ces quelques secondes d'hésitations juste avant un baiser... Ah ! Il faut que j'arrête ces pensées ! Pourquoi cet amour à l'espoir si limité ? Pourquoi ces sentiments alors que je sais très bien que je ne la verrai certainement jamais ? Que je n'arriverai jamais à convaincre mes parents de partir à l'autre bout du pays pour rencontrer la personne que j'aime, une fille qui plus est ! Mais je ne peux m'en empêcher, sans la voir je n'ai jamais rien connu de si fort, sans la voir je tiens plus à elle que je n'ai jamais tenu à personne, sans la voir je l'aime d'un amour involontaire qui efface toute raison...



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dimanche, 03 avril 2005

Lettre

Papa, Maman,

J'ai trop d'amour pour les mots pour venir faire la bêtise de vous parler. Ce n'est pas de la lâcheté, juste que je sais mieux manier les mots à l'écrit, dès qu'ils commencent à résonner dans ma bouche ils perdent tout leur sens, ils deviennent insipides et maladroits... C'est donc l'écrit que je choisis par évidence, et je ne vais pas m'amuser à tourner autour du pot, après tout justement la lettre a aussi cet avantage que, que je dise les choses plus tard ou maintenant, j'aurai votre réaction au même moment ! Eh bien donc voilà : je suis lesbienne ! (Vous pouvez faire une pause dans la lecture là si vous voulez, je comprends que ça puisse faire un choc... Je ne vous en voudrai pas de ne pas vouloir tout vous prendre dans la figure en une fois... Evitez de faire une crise cardiaque par contre car je vais avoir du mal à m'assumer financièrement toute seule...) Bon ça y est ? Le premier choc est passé ? Je doute que ce soit vraiment le cas mais un peu de courage, il faut aller de l'avant ! Alors là je suis supposée prévoir toutes vos réactions et vos questions et essayer d'y répondre dans cette lettre pour ne pas avoir à le faire plus tard... Je vais essayer mais je suis juste lesbienne, pas Einstein, ne m'en voulez pas si j'oublie certaines choses ! (Au fait bien sur ma précédente remarque ne veut pas dire que les lesbiennes sont toutes bêtes comme leurs pieds... Enfin il y en a des comme ça aussi... mais après tout il y a des cons partout pourquoi nous ferions exception ?!?)
Bref, si vous le prenez très bien dans le genre « Va-y ma fille, vis ta vie comme tu l'entends », bah... Ouais c'est cool, en fait vous pouvez arrêter de lire là je crois... Je suis juste désolée d'avoir pu croire que vous alliez être plus chiants que ça... Je vous aime mes parents adorés !
Par contre dans le cas où vous le prenez plus mal... En fait je ne voulais pas vraiment dire « chiants », ce mot venait juste là, non pas dans son sens premier, mais plutôt comme un synonyme de « conservateur »... Après tout c'est vrai, il faut vivre avec son temps ! Nous sommes quand même plus évolués qu'en Egypte, vous n'allez pas crier à la populace d'emmener votre fille sur le bûcher parce que c'est une homo ! (Au cas où, la loi est de mon côté donc je ne vous le conseille pas...) Allez ! Un petit sourire ! Ce n'est pas si catastrophique que vous le pensez ! Il ne faut pas voir que le mauvais côté des choses, évidemment ça va jaser dans votre dos mais vous croyez vraiment que j'ai attendu de vous le dire pour assumer ? En fait ça jase déjà dans votre dos depuis un certain temps certainement alors ce n'est pas vraiment pas si terrible puisque vous ne vous êtes rendus compte de rien ! Comme je le disais regardez les aspects positifs de la chose : au moins je ne vous ramènerai pas un de ces mâles primitifs pour genre ! Non, le fait que je suis lesbienne ne fait pas de moi une féministe, mais il faut être réaliste à l'époque où le travail nécessite plus le cerveau que les muscles, la seule occupation qu'il reste à certain c'est de s'affaler devant la télé pour regarder un match de foot, une bière à la main... A ce niveau là donc vous n'avez rien à craindre, je ne finirai pas ma vie dans la place à côté du canapé...
Si vous ne vous inquiétez pas pour votre réputation et pour la compagnie que je vous imposerai à table pendant les repas de famille, je suppose que c'est pour moi que vous vous inquiétez... Suis-je heureuse ? Bien en fait je n'ai jamais comprit pourquoi le bonheur avait un quelconque rapport avec la sexualité. Ne me dites pas « Si c'est comme ça que tu es heureuse... » parce que... ça sous entend qu'on est plus heureux quand on s'assume bien ? Plein de gens assume parfaitement le fait d'être hétéro, ça ne les rend pas heureux pour autant... Le fait d'être lesbienne ne me rendra pas plus ou moins heureuse non plus ! (Mais juste pour préciser, oui, je suis heureuse !)
Vous voulez peut-être savoir si je suis avec quelqu'un ? Bah pour vous faciliter la tache je me suis mise avec quelqu'un qui représentera très bien le mouvement homosexuel à vos yeux et vous habituera à mon « monde ». Elle s'appelle Raymonde, elle est camionneuse et s'habille comme un mec des années 80... Non, j'arrête de vous torturer, c'était juste au cas où vous vous imaginiez les gros clichés lorsque vous avez lu que j'étais lesbienne, désolée de casser le mythe, elle s'appelle Lucie, elle est tout ce qu'il y a de plus féminine et j'espère qu'elle vous plaira...
Voilà, je crois que j'ai fait le tour du sujet... Mon humour n'est pas ce qu'il y a de plus fin, je le conçois, mais il fallait bien choisir une façon de faire passer les choses... Ce n'est peut être pas la meilleure, mais au moins elle m'a permise d'annoncer les choses avec plus de facilité... J'admets que ce n'est pas facile de se dire que son enfant a choisit (bien que ce ne soit pas réellement un choix, on ne choisit pas son orientation sexuelle, on peut juste choisir de l'assumer ou non...) de vivre d'une façon différente que celle que l'on prévoyait pour lui. J'admets que je vous en demande beaucoup, bien que ce que j'espère est assez simple à résumer en une phrase : que vous soyez derrière moi et que vous me souteniez toujours comme étant votre fille dans toutes les épreuves que je vais affronter dans ma vie. Pourtant, dès lors que l'on passe cette phrase en pratique ce n'est déjà plus si évidant, j'espère que votre choix à vous sera d'accepter le mien...
Je reste moi sous toutes mes coutures, seule la vision que vous avez de moi a changé...

Je suis là pour répondre a toute vos questions.
Je vous embrasse.

Votre fille.


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Merci à l'auteur pour le dessin !

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