mercredi, 11 juillet 2007

Séduction

Elle me plaît, il m’a fallu du temps pour me l’avouer parce que la suite des événements n’est pas des plus facile mais une fois que c’est fait je ne peux plus revenir en arrière. Il me faut cette fille ! Je ne parle pas d’elle comme un trophée attention, c’est juste que je la désire tellement qu’à partir de maintenant tous mes gestes seront calculés dans un jeu de séduction que, s’il le faut, je serai prête à mettre en place pendant un certain temps.

Je ne fais pas ça juste par fierté, pour avoir eu qui je voulais et ensuite m’en désintéresser. Que ce soit pendant la séduction ou après je suis fidèle, je ne penserai qu’à elle, même quand je l’aurai à moi, rien qu’à moi, que je pourrai lui donner des surnoms ridicules à tout bout de champs, donner du « ma chérie » et même celui là que je déteste « ma puce »…

Mais oui, c’est vrai, j’adore ce moment, juste avant la relation, où tout est encore ambigu, où on ne sait pas encore si l’on plaît aussi ou non, ce moment où rien n’est encore gagné, qu’à tout moment avec une seule petite erreur on peut tout faire foirer. C’est un moment où tout se passe au ralenti, les choses vont lentement, trop lentement toujours, on se frustre à grand coup d’attente mais la frustration honnêtement… c’est trop bon ! C’est un moment magique parce qu’on ne l’a qu’une période, jamais deux. Une fois que l’on connaît l’autre et qu’on est avec alors ce n’est plus aussi excitant…

Voilà pourquoi je vais tout faire pour ne pas me presser, une longue séduction passive commence. Il n’est pas question de draguer, c’est quelque chose que je déteste. Le rentre dedans très peu pour moi, c’est pour ça que je déteste les boites homo, lorsqu’une fille s’approche de vous c’est que vous lui plaisez déjà, il n’y a plus aucune surprise. Les deux personnes savent immédiatement vers quoi elles se dirigent… C’est pour ça que j’ai une préférence pour les soi-disant hétéros, les filles qu’on fait virer de bord, parce que le jeu de séduction en vaut encore plus la chandelle. Il y a encore plus de peur qui s’y mêle, plus de difficulté à faire franchir le pas et lorsqu’on est enfin avec la fille on sait que si elle a réussit à mettre sa peur de côté c’est qu’elle est déjà bien attachée et qu’une relation vraiment sérieuse commence.

Elle, je l’ai rencontrée chez des amis, à une soirée, elle est dans leur promo et elle intègre leur groupe doucement. On s’est tout de suite bien entendues, on a discuté longtemps de tout et de rien, parfois seules toutes les deux, parfois rejoint par les autres.

Elle sait que je suis homosexuelle, c’est important dans la séduction de ne pas le cacher, il ne s’agit pas de lui faire peur d’un seul coup le jour où on lui annonce et de gâcher toute chance. Je ne lui ai pas dit directement non plus, si une discussion doit être lancée sur l’homosexualité il ne faut pas que ce soit moi qui le fasse, il faut que ce soit elle qui soit intriguée et qui ose me poser des questions là-dessus un jour, le jour où elle sera prête. J’ai juste saisi l’occasion dans une discussion avec d’autres, alors qu’elle écoutait, pour dire deux ou trois réflexions sur mes ex, phrase banale comme « Ah oui c’est comme moi avec Sophie quand on étaient ensembles ! », quel que soit le sujet ! Comme cela elle sait, elle est au courant et elle a le temps d’y réfléchir doucement dans sa tête sans avoir à en parler.

J’ai fait attention aussi à ne pas passer toute la soirée avec elle. La coller serait une grande erreur. Elle ne doit pas savoir qu’elle me plaît, juste croire que je m’entends bien avec elle. Alors je n’ai pas hésité à bouger, à aller discuter avec d’autres gens mais j’ai toujours fini par revenir vers elle. Je pense qu’elle a aimé elle aussi ma compagnie, certainement en tout bien tout honneur, mais je l’ai deviné en train de me chercher parfois. Je ne me fais pas de film, je sais que ce n’est que de l’amitié dans sa tête, mais je vais tout faire pour changer ça…

A la fin de la soirée je ne lui demande pas son numéro de téléphone. Il faut toujours la laisser elle faire le premier pas et profiter d’occasion extérieure quand elle ne le fait pas. Donc soit elle me demande elle-même mon numéro soit j’attendrai,  je sais que je la reverrai à une autre soirée de mes amis et que s’il faut que je demande moi, il vaut mieux que ce ne soit pas ce soir.

Elle part sans demander le numéro de personne mais fait la remarque qu’elle a passé une bonne soirée et qu’elle espère nous revoir bientôt. Oh ça c’est sur je vais tellement tanner mes amis pour qu’on refasse une soirée vite que tu n’auras pas le temps de nous oublier !

Le lendemain lorsque je revois notre hôte je lui parle un peu d’elle, très peu, juste histoire de glaner quelques informations et parce que, ne pensant qu’à elle, j’ai tout simplement besoin d’en parler. Je ne lui laisse rien deviner sur mes intention envers elle, il ne faudrait surtout pas que croyant bien faire il aille lui parler de moi, il ferait tout rater… Il est important que la séduction ne se déroule qu’entre nous deux.

A la prochaine soirée je reste un peu plus avec elle, elle reste un peu plus avec moi. De l’extérieur pas d’ambiguïté, cela donne juste l’impression qu’une bonne amitié est en train de naître. Cette fois c’est l’occasion d’échanger nos numéros, car ayant découverts quelques points communs entre nous nous avons fait un projet lancé comme ça dans le vide. Là il s’agit d’aller visiter une partie de la ville où nous n’avons jamais mit les pieds ni l’une ni l’autre bien que l’envie ait toujours été présente.

L’amitié est lancée, c’est le premier pas. Je ne force pas les choses, je la découvre encore et je peux faire marche arrière, décider de m’arrêter là dans ma séduction si jamais il se trouve que finalement elle n’est pas si bien que je le pensais. Pour le moment c’est tout le contraire, elle est géniale.

Ce qu’il va falloir faire maintenant c’est aller vers elle, toujours aller vers elle mais juste assez pour que si jamais je sens une réticence je mette un frein. Il faut toujours qu’elle doute du fait qu’elle me plaise mais qu’elle se dise que finalement non.

Je fais ma cour sur la durée, après tout c’est si plaisant de passer du temps avec elle, même si on ne finit jamais ensemble j’aurai gagné une amie dans l’histoire. J’aime parler avec elle pendant des heures. Puisque nous avons nos numéros, j’envoie quelques textos, je n’aime pas parler au téléphone, l’avantage de l’écrit est qu’il laisse à l’autre le temps de réfléchir dans sa réponse et qu’alors on peut vraiment tenter de les interpréter. Les messages échangés sont de plus en plus nombreux, le forfait y passe et ça, c’est un énorme signe du fait que tout est dans la bonne voie !

Je la vois souvent, c’est systématique dès que nous n’avons rien à faire nous tentons de nous voir. Je sais que puisque je veux qu’il se passe quelque chose j’interprète tout dans ce sens alors j’essaie de garder en tête qu’il peut réellement ne s’agir que d’amitié pour elle, que la situation n’est ambiguë que pour moi. Je me force à tout faire lentement, très lentement, ne pas lui faire peur. Faire que sans s’en rendre compte l’on instaure une amitié amoureuse.

Je sais une chose, si je dois sortir avec elle un jour alors c’est que je l’attire déjà un minimum maintenant. Alors je calcule ce qui peut aller dans ce sens, ce qui va dans le sens contraire. Puisqu’il y a matière à ambiguïté parfois alors j’avance dans le jeu. Après les mots, la séduction passe par le physique. Je ne parle surtout pas de lui sauter dessus, de la douceur, toujours de la douceur… Non là il s’agit d’infimes touchés, c’est à calculer au millimètre près. Nous allons entrer dans le métro, alors si l’on doit s’agripper à la barre de métal pour ne pas tomber je vais placer ma main juste au dessus de la sienne et glisser tout doucement vers le bas, comme si c’était involontaire, afin que mon auriculaire touche son index. Si nous devons nous assoire, alors mon genou va toucher le sien. Ce genre de contact. Mais il faut être prudent. Si elle bouge ne serait-ce qu’une fois, qu’elle retire sa main, qu’elle bouge son genou, il faut tout faire freiner encore. L’intérêt de cette pratique est simple, si elle ne bouge pas c’est qu’elle est consciente du touché. Quelqu’un qui n’a pas conscience de la chose va instinctivement bouger parce qu’on envahit son espace vital, il va le faire sans s’en rendre compte lui-même ! Si jamais la personne s’en rend compte et bouge c’est qu’il n’y a aucun intérêt de son côté mais elle ne se doutera pas qu’il y en a du votre, elle pensera que votre mouvement était involontaire. Enfin elle le fera si vous ne vous acharnez pas, de l’utilité de freiner les choses dès qu’elle le fait ne serait-ce qu’une fois.

Elle ne bouge pas quand je la touche, quel signe ! Mieux encore je suis sure maintenant que la relation est envisageable, car elle aussi se rapproche physiquement. Elle n’en a peut-être pas conscience elle-même mais moi qui fait attention à tout je le remarque. Il y a plus de contacts et ce n’est pas toujours moi qui les provoque ! Si elle est attirée elle va avoir envie de le faire tout naturellement, multiplier les contacts, et puisque je ne m’échappe jamais il se peut qu’elle le fasse avec toute la spontanéité qu’elle peut avoir. Elle ne calcule certainement pas les choses comme je le fais. Ses contacts à elle sont involontaires mais ils n’empêchent en rien d’avoir de l’effet sur ma personne. Le moindre doigt égaré, la moindre épaule qui me frôle, c’est un volcan qui naît dans mon ventre. Si je devais arrêter le jeu maintenant j’en mourrai c’est certain !

Après les contacts l’ambiguïté se renforce d’un cran, les mots, les gestes, tout est plus poussé. Le doute doit être entretenu en permanence. Elle ne doit pas se contenter de se dire que je suis peut-être attirée par elle de manière générale, elle doit se demander si tel ou tel acte était le symbole de mon attirance. Je vais par exemple l’inviter dans mes rêves ce qui est assez clair je crois mais je vais le faire en plein milieu d’une conversation banale ce qui aura pour effet de la perdre totalement. Elle ne saura pas quoi penser. Elle va se rendre compte, être obligée de s’avouer qu’elle espère totalement que cela veuille dire plus, tout simplement plus.

Puis je l’invite chez moi, souvent, très souvent, je ne me force en rien, j’ai envie de la voir en permanence, d’être avec elle, parce qu’elle ne semble pas décidée à sortir de ma tête.

Je n’ai plus de doute quand à son vouloir, elle veut être avec moi, elle répond à l’ambiguïté que j’installe. Mais elle a peur. Peur parce que c’est totalement inconnu pour elle cette situation. Elle attend de moi que je vienne vers elle et je compte bien le faire.

J’espère depuis des jours à chaque fois que je l’invite que ce sera maintenant, que ce soir, cette après-midi, il va y avoir ce signe infime qui va me pousser enfin à poser mes lèvres sur les siennes. Les signes sont là pourtant mais moi aussi j’ai peur. Je sais qu’elle le veut autant que moi mais bizarrement j’ai peur aussi.

Elle me regarde droit dans les yeux, me fixe et je sais ce que ça veut dire, je sens toute l’envie, toute la douceur, la frustration dans ce regard. J’ai le cœur qui fait un solo de batterie d’une vitesse à couper le sifflet ! Il faudrait y aller mais je suis comme pétrifiée. Je pars sur le jeu, je la chatouille, c’est idiot certainement mais après tout une fois passé la période étudiant, est ce que je pourrai encore faire ça ? Quel prétexte je vais pouvoir trouver pour la prendre dans mes bras si indirectement ? Rien qu’à l’idée de se comporter en adulte et arrêter les chatouilles lors de la séduction ça ne me donne pas envie de grandir. Elle se débat évidemment mais plutôt que de reculer pour échapper à mes mains, elle se colle tout contre moi. Pour elle aussi c’est un bon prétexte.

J’arrête tout. Mes mains se calment, l’une posée sur son bras, l’autre sur son ventre, elle proche, si proche, son souffle sur mon cou. Je ne bouge plus. C’est pour maintenant. Elle le sait aussi et se tint immobile, si il n’y avait encore que de l’amitié cette position serait absurde, mais là toutes les deux, la respiration légèrement accélérée, nous savons ce qu’il va arriver et nous avons du mal à le contenir. C’est fort, tellement fort.

Je lève la tête doucement, la regarde. L’intensité du regard qu’elle me donne en réponse est une flèche qui traverse ma poitrine, mes poumons en tout cas d’une façon certaine car elle influe sur ma capacité à respirer… Quelques secondes s’écoulent mais le temps s’est rallongé, une seconde en vaut vingt, je ne vous fais même pas le calcul pour deux ! Alors lentement, très lentement je m’approche, la respiration coupée sans même que je m’en aperçoive. Son visage de plus en plus prêt du mien. J’entrouvre les lèvres. Son visage commence à devenir flou par sa proximité alors je clos les yeux et continue ma lente avancée. Puis soudain un contact enfin sur ma lèvre supérieure. J’avance encore, on ne peut être moins brusque. Contact sur la lèvre inférieur maintenant. Je les rapproche toutes les deux, emprisonnant la sienne entre elles, elle emprisonnant l’une des miennes. A l’intérieur de mon corps quelque chose veut s’échapper, je ne saurais dire quoi mais ma chaire est un costume trop petit pour tout ce qu’elle a à contenir ! Les paupières toujours baissées, nous continuons le baiser, nos lèvres savent ce qu’elles ont à faire. Tout est parfait.

Commentaires

aïoooouh!
rien à te dire de très réconfortant, si ce n'est que je me suis baladé sur ton blog et que j'ai trouvé le contenu très... franc, je crois que c'est le mot qui convient.

euh... hétéro, bon (personne n'est parfait), j'écris moi-même un blog plutôt décomplexé dont tu pourras juger de l'intérêt d'un clic sur mon pseudo (mais bon, hétéro, quoi).

ceci dit, si tu vas voir chez Cattleya (une copine), tu verras une nana (maquée, mais) qui s'est lâchée avec sa copine d'enfance, tout récemment. lien sur mon blog (on est tous des HAUTETFORT, quasi). un pti comm' sur sa note [http://cattleya.hautetfort.com/tag/lesbienne] lui fera sûrement plaisir.

sinon, on a aussi un copain qui vient de faire son 'coming out' comme on dit. c'est mayo. un peu bordélique dans l'expression, tellement que son trouble - perceptible, en devient touchant... va savoir... [http://mangezdesragondins.hautetfort.com/]

pour ma part et ce qu'elle peut t'apporter, j'ai un 'abécédaire' qui pourra sûrment t'amuser (asexué ou presque)

voilà, histoire de te donner un peu de moments récréatifs (du latin récréaris = recréer et du grec athif = à poil)

zib zoub et bonne route,
(la solitude y a que ça de vrai pour... faire des rencontres!)

Ecrit par : tiniak | lundi, 24 septembre 2007

Arrivée limite par hasard sur ton blog, (bon, ça depend où l'on fixe la limite...) que vois je? on parle de moi? tiniak est passé par là avant moi!

Bon sinon très sympa ton blog... ptèt trop...

Oui, je suis une lamentable hétéro curieuse... mais qui ne dit pas qu'elle n'a pas aimé ;-)

Ecrit par : cattleya | mardi, 09 octobre 2007

Décidément cette nouvelle là, elle est vraiment géniale. Je m'y vois à mes débuts, entrain de séduire la fille avec qui je suis toujours... Tout est tellement bien décrit. Un plaisir à lire et à relire. Je suis rarement autant enthousiasmée, et pourtant là... Je dis pas que c'est du grand art, mais tout y est pour faire travailler l'imagination et nous faire replonger dans les souvenirs les plus agréables.

Donc merci bien pour ce petit moment.

Sophie.

Ecrit par : sophie | lundi, 14 avril 2008

Salut!
J'ai bien aimé cette nouvelle mais j'en voulais encore... ça devenait vraiment intéressant.

Ecrit par : Aadleen | mardi, 01 juillet 2008

J'adore ton blog, sa fais environs deux ans que je le connais, j'ai lu homosapiennes et j'aime beaucoup ta facon d'écrire. est-ce que tu prévois l'écriture d'un livre? Parce que tu as vraiment du talent!

Bon courage

Ecrit par : Bulle | dimanche, 20 juillet 2008

Très sympa ce blog, çà change des autres sur le sujet...

Au plaisir de vous relire
nina
http://sanzelles.over-blog.com/

Ecrit par : nina | lundi, 18 août 2008

Je fus très sensible en lisant cet article, et plus particulièrement sur le sensibilité féminine, que tu décris très bien. Tout est beau dans le texte, le retenir de l'acte est tellement cruel, mais excitant ! Ahh ! L'Amour...

Ecrit par : Nono | vendredi, 10 octobre 2008

Waw J'ai adorée! =D On ressent tellement ce que ton personnage ressent c'est hallucinant! Vraiment très très beau texte =D
(puis je pique la tactique du toucher mdrr =D J'y avais jamais penser mais bon =p)

Ecrit par : Ellie | jeudi, 05 mars 2009

hello miss,
J'ai juste tapé "nouvelles lesbiennes" et me voila arrivée chez toi ;) pas déçue du voyage!

J'aime bien ta façon d'écrire, c'est directe, doux, franc, sans mettre trop d'enjolivures poétiques dans tous les coins et je crois que c'est ça qui me plaît! on a l'impression de vivre tes texte au présent, à côté de toi dans la totale réalité des choses :p

Cette nouvelle particulièrement me plaît parce que je m'y retrouve d'un bout à l'autre! Même si le fait d'être aussi calculatrice peut faire super peur au gens (y a des filles qui ne me comprennent pas quand je leur dis que j'ai calculé pour être avec elles!). Mais comme tu le dis si bien, c'est le best moment dans une relation! c'est trop bon! :D

Je n'ai pas fini de te lire, mais je me demande si parfois, toi aussi, tu n'en as pas marre de tout faire pour que ça marche comme tu le souhaites? tu te lasses pas justement? te dire : "ho et pis j'aimerai bien ne plus réfléchir et que ce soit l'autre qui prenne la relève pour une fois!" ?
Moi ça m'arrive.. bah ouai! elles disent toutes que c'est super ces moments de "dragues", pourquoi on pourrait pas en profiter nous aussi ?!!lol

Bref, je repars te lire, je vais certainement te lâcher 2 ou 3 autres com's par-ci par là ;)
PS: promis: la prochaine fois je t'écris pas un roman lol
kiss miss!

Ecrit par : aud | vendredi, 15 mai 2009

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